Aidants familiaux : gérer les sautes d’humeur des personnes incontinentes

Chez les personnes âgées incontinentes, les sautes d’humeur peuvent être fréquentes. Si avec la maturité, certaines personnes voient leur caractère s’adoucir, l’incontinence a tendance à provoquer chez elles des changements de comportements brutaux. Isolement, tristesse, colère sont autant de sentiments que peut éprouver la personne incontinente. Quelles explications et quels comportements les aidants familiaux doivent-ils adopter ?

Cote à cote Incontinence

Incontinence & vieillissement

Avec l’âge et bien que notre qualité de vie ait augmenté, le vieillissement est une étape charnière pour les personnes âgées. S’il est de plus en plus fréquent de conserver tout au long de sa vie une bonne santé mentale et physique, dans certains cas, l’avancée en âge peut s’accompagner de difficultés physiques qui apparaissent petit à petit. Bien trop souvent tabou et peu diagnostiquée, l’incontinence fait partie des phénomènes courants qui peuvent survenir en vieillissant. Près de 3 millions de personnes en France en souffriraient. Alors que dans la plupart des cas, l’incontinence peut se soigner, nombreuses sont les personnes qui taisent ce désagrément par gêne ou parce qu’elles imaginent ce phénomène comme une composante inévitable du vieillissement. Les conséquences peuvent être multiples, physiques et psychiques, à la fois chez la personne qui en souffre mais aussi sur ses proches. Et les effets sont exacerbés dès lors que la personne souffrant d’incontinence est également dépendante et aidée ponctuellement ou régulièrement par les membres de sa famille ou son entourage très proche.

Les conséquences de l’incontinence

L’incontinence est un phénomène mécanique, physique où la personne âgée ne contrôle plus l’écoulement de sa vessie et ne maîtrise plus ses envies d’uriner. Souvent, la personne souffrant d’incontinence n’ose ou ne souhaite pas parler de ce problème aux membres de sa famille ou à son médecin car cela renvoie à l’image stéréotypée du vieillissement et de la dépendance. Pourtant, l’incontinence n’est pas qu’un problème physiologique, elle peut nuire à la qualité de vie quotidienne, à la vie privée et engendre souvent des modifications de comportement envers son entourage ce qui génère souvent beaucoup d’incompréhension.

Pour la personne souffrant d’incontinence, la conséquence première est un profond mal être qui se manifeste par un repli brutal et soudain sur soi. La personne devient de plus en plus casanière, se renferme sur elle même, s’isole, car elle a peur de s’oublier en public ou des gênes olfactives que sa maladie peut engendrer.

Souvent, lorsque l’incontinence apparaît chez une personne déjà dépendante, un grand sentiment de culpabilité et de honte face aux aidants est l’émotion la plus complexe à gérer. Il s’agit pour elle d’une sensation déstabilisante de perte de contrôle irrémédiable et de diminution. Des sautes d’humeur inhabituelles apparaissent alors chez la personne dépendante incontinente qui devient alors agressive, triste ou colérique. Difficile pour les proches et surtout pour les aidants familiaux de comprendre ou d’appréhender ces changements brutaux d’humeur.

La communication pour aider les aidants familiaux

Les sautes d’humeur ou les changements de comportements brutaux chez la personne dépendante et incontinente sont une épreuve compliquée pour les aidants familiaux. Colère, agressivité, mutisme sont autant de conséquences auxquelles l’aidant familial peut être confronté sans savoir réagir. Difficile de se positionner et d’évoquer ce sujet pour un enfant vis-à-vis de son parent. Pourtant, pour apaiser les souffrances physiques et psychologiques liées à l’incontinence, il faut apprendre à communiquer en douceur. Car les mots peuvent soigner ces maux. C’est un sujet délicat et intime qu’il faut aborder avec simplicité pour que la personne dépendante comme l’aidant retrouve sa place et comprenne les conséquences de ce désagrément. En effet, même la personne dépendante peut se sentir dépassée par ses propres émotions sans en comprendre l’origine. Et l’aidant, lui, se sentir dépassé par ce nouveau rôle dans la sphère intime de son parent. Interagir avec son proche le plus possible, stimuler la communication pour rompre l’isolement est la première solution à mettre en œuvre pour apaiser les sautes d’humeur. Ensuite, il est nécessaire de faire appel aux professionnels de santé pour se faire aider et apporter des solutions en expliquant la situation : médecin traitant, gériatre, psychologue sont autant d’aides pour la personne dépendante que pour son entourage.