Tout savoir sur l’automédication

Beaucoup d’entre nous ont recours à l’automédication pour soigner des petits problèmes de santé, comme un mal de gorge, de la fièvre ou une insomnie. Mais cette pratique n'est pas dénuée de risque et doit s'inscrire dans une démarche responsable. Se soigner sans ordonnance et sans danger, c'est possible... à condition de respecter certaines règles élémentaires. Suivez le guide !

Crédit : La Dépêche

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Qu’est-ce que l’automédication ?

L’automédication consiste à prendre des médicaments sans ordonnance, de sa propre initiative. Il en existe trois types : l’automédication dite primaire permet de soigner des symptômes sans avis médical. L’automédication dite secondaire, ou remédication, consiste à soigner les symptômes d’une maladie qui a déjà été diagnostiquée par un médecin. L’automédication dite tertiaire est pratiquée par les personnes qui ont une maladie chronique comme le diabète ou l’asthme et qui, sous contrôle médical, sont amenés à adapter leur traitement par eux-mêmes.

La simple prise d’un cachet d’aspirine contre la migraine est un acte d’automédication. 80% des Français y ont recours plus ou moins fréquemment, avec un pic entre 40 et 70 ans (source : Afipa- Sofres).

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Dans quels cas choisir cette pratique ?

L’automédication est admise par les médecins eux-mêmes, mais uniquement pour des maux peu préoccupants, des traitements de courte durée et pour un seul symptôme à la fois : douleur, fatigue, fièvre, mal de tête, bleu, mal de gorge, rhume, insomnie, toux, etc. Par exemple, pour les sujets âgés, il peut s’agir d’antalgiques pour réduire leurs douleurs liées au vieillissement articulaire, d’anti-inflammatoires, de somnifères.

Cette pratique représente une solution rapide, en substitut ou dans l’attente d’une consultation médicale. Pour traiter ces petits problèmes soi-même, on a d’ailleurs tous une « trousse à pharmacie » à la maison. Dans notre article «Trousse de secours : mode d’emploi », on fait le point sur les indispensables à avoir chez soi.

A noter : l’automédication chez la femme enceinte et allaitante, chez le nourrisson et l’enfant de moins de 2 ans est fortement déconseillée.

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Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?

L’automédication n’est pas à prendre à la légère. Mauvais diagnostic, consommation après la date de péremption, surdosage, cumul dangereux de médicaments, mauvaise conservation des médicaments… Autant d’erreurs qui peuvent mettre en danger notre santé. Dans le cas de la migraine, le risque est d’abuser de médicaments, d’y être accoutumé et en fin de compte, d’aggraver son mal, processus qui doit être stoppé par à un sevrage. Pour beaucoup de personnes qui souffrent d’insomnie, la prise de somnifères est courante, mais ces médicaments ne sont normalement prescrits que ponctuellement (4 semaines maximum). Ils peuvent en effet induire des troubles de la mémoire, de la concentration et même parfois de la vigilance diurne. A utiliser avec modération, donc !

Parmi les erreurs à ne pas commettre figurent : donner à la fois du paracétamol et de l’aspirine (ou de l’ibuprofène) à un enfant malade, utiliser des antiseptiques différents sur une même plaie, prendre un médicament stimulant à base de gelée royale quand on est allergique au pollen, multiplier les cures de minéraux (qui apportent souvent les mêmes molécules), etc.

Crédit : Femme actuelle

Crédit : Femme actuelle

Comment se soigner seul en toute sécurité ?

Pour une automédication adéquate et responsable, optez pour un médicament comportant un seul principe actif (un seul symptôme = un seul principe actif) et ne dépassez pas une durée de 4-5 jours. Veillez à lire attentivement la notice pour prendre connaissance de la posologie et des contre-indications (notamment pour éviter toute réaction allergique) et à vous y conformer strictement. Avant toute utilisation, on vérifie également la date de péremption des médicaments sur leur emballage. Pour rappel, ils doivent être conservés à l’abri de la chaleur, de la lumière, de l’humidité et hors de portée des enfants.

Faites également attention au risque de mélange. Si vous avez déjà un traitement, certains médicaments sans danger peuvent s’avérer nocifs. Dans ce cas, il est préférable de demander l’avis de votre pharmacien. De même, ne buvez pas d’alcool quand vous prenez un traitement médical (l’alcool en renforce parfois l’effet).

Enfin, il est important de demander à son médecin quels médicaments peuvent être pris en automédication et lesquels sont soumis à prescription. Ainsi, faites le tri dans votre trousse à pharmacie et ne conservez que les médicaments réutilisables de manière autonome. Par exemple on le sait, les antibiotiques ne sont pas automatiques et surtout, ils ne doivent pas être pris sans ordonnance.

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Savoir renoncer à l’automédication

Être responsable, c’est aussi savoir renoncer à l’automédication lorsque la situation dépasse le cadre de nos compétences (cette pratique peut retarder un diagnostic et ainsi aggraver une pathologie). A ce titre, il est important de savoir reconnaître les signes d’alerte qui imposent de consulter plus ou moins rapidement un médecin. Le mal persiste au bout de 5 jours ? Un symptôme ne correspond pas tout à fait à une expérience déjà vécue ? L’intensité est forte ? Vous n’êtes pas sûr que ce qui vous arrive est bénin ? Le mal persiste sans explication ou récidive plusieurs fois ? Dans tous ces cas, direction le médecin ! Pensez alors à lui signaler toute prise autonome de médicament, même ceux à base de plantes.