Aidants familiaux, comment trouver sa place ?

Lorsque l’on devient aidant familial auprès d’un proche dépendant, c’est une aventure unique qui se profile. Notre vie et celle de notre entourage se trouvent chamboulées. Aider une personne dépendante, qu’il s’agisse d’un père, d’une mère, d’un conjoint, requiert à la fois des capacités physiques (et parfois des compétences particulières) mais aussi une grande force psychologique. Pourtant, à la difficulté de vivre de plein fouet la fragilité de l’aidé, s’ajoute l’évolution de la relation qui peut s’instaurer entre l’aidant et l’aidé. Lorsqu’il faut faire appel à un professionnel de santé, le binôme se transforme en trio, dans lequel chacun doit trouver ou retrouver sa place. Parce que cette tâche peut s’avérer être un parcours long et complexe, faisons le point sur ce statut d’aidant familial pour mieux comprendre et mieux vivre ce bel et courageux engagement auprès d’un proche.

Aidant-familial

Quel est le rôle de l’aidant ?

Le rôle de l’aidant familial est un statut bien défini et désormais connu, même s’il ne possède aucune reconnaissance juridique à ce jour. Ce terme est attribué à toute personne qui apporte une aide quotidienne à une personne dépendante, que l’on nomme l’aidé. On considère qu’une personne est dépendante si elle a besoin d’être aidée pour accomplir les actes de la vie courante (se lever, se laver, se faire à manger, etc.) ou si son état nécessite une surveillance constante parce qu’elle souffre d’un handicap physique, mental, parce qu’elle est malade ou encore, trop âgée. L’aidant familial, comme son nom l’indique, est souvent un proche parent de l’aidé. Plus rarement, il peut s’agir d’un ami ou d’un voisin. Dans la plupart des cas, il existe une relation affective préexistante.

Aider un proche peut sembler naturel dans certaines familles. Lorsqu’une personne de son entourage devient plus fragile, il arrive que l’on passe le voir un peu plus souvent, qu’on s’occupe plus fréquemment de ses tâches ménagères, de ses courses, de ses repas. Lorsque ces tâches deviennent quotidiennes ou presque, lorsque une présence régulière devient nécessaire, alors elle n’endosse plus uniquement le rôle de proche, mais bien d’aidant familial. C’est un engagement, un choix de vie, qui demande du temps, de la patience, de l’amour et du soutien.

Les difficultés du rôle d’aidant familial 

La première difficulté, celle à laquelle nous ne sommes jamais prêts, c’est d’observer au quotidien, la fragilisation de notre proche, que l’on parle d’un parent, d’un conjoint, d’un ami. Bien que l’on n’évoque pas ici une difficulté matérielle, cette épreuve n’est pas à négliger. Le lien affectif qui lie à l’aidé et le fait de le voir en état de dépendance peut créer chez l’aidant une souffrance qu’il faut surmonter avant toute chose. Tout comme pour l’aidé éprouve une souffrance à l’idée de devoir demander de l’aide.

C’est ensuite dans l’engagement quotidien que les difficultés peuvent apparaître. Bien que pour de nombreux aidants, aider son proche est un choix délibéré et une décision mûrement réfléchie, son quotidien, sa vie professionnelle, sa vie sociale et celle de sa famille se trouve chamboulé. L’emploi du temps ne dépend plus simplement de l’aidant, mais il se calque sur celui de la personne aidée et s’articule autour de ses besoins, de ses soins, de ses rendez-vous dont l’aidant ne peut pas toujours maîtriser les horaires. Il se trouve confronté à la nécessité d’être disponible et flexible pour s’adapter aux contraintes imposées par la situation de dépendance de l’aidé. Il faut avoir conscience de cet investissement pour s’engager en toute sérénité. En effet, s’occuper d’un proche nécessite beaucoup de temps que l’on ne mesure pas avant de prendre la décision de s’en occuper.

Lorsque la seule intervention de l’aidant n’est plus suffisante, que des besoins médicaux apparaissent, il devient nécessaire de faire appel à une tierce personne, un aidant professionnel. Dans ce genre de cas, la relation qui s’est tissée entre le binôme aidant familial / aidé est à nouveau bouleversée et à reconstruire à trois.

Il faut savoir laisser sa place au professionnel et parfois accepter de passer le relais pour que celui-ci se fasse accepter par l’aidé. Il est important également que l’aidant ne soit pas rejeté par l’aidé, ni exclu par le professionnel, après tout l’investissement apporté. C’est un trio qui se forme où chacun doit trouver sa position pour le bien de l’aidé et pour donner la possibilité à l’aidé comme à l’aidant de vivre le quotidien du mieux possible.

Les conseils pour mieux gérer le statut d’aidant 

Devenir aidant est un rôle important qui requiert un investissement personnel. Parce que la situation peut être à la fois une formidable aventure humaine et un long et fatigant parcours, il est important de mettre en place certaines actions pour mener cet engagement dans les meilleures conditions.

  • Communiquer et se tenir informé

Il ne faut pas s’isoler dans l’aide et se sentir investi d’une mission que l’on doit mener seul. Au contraire, l’aidant doit pouvoir communiquer ses difficultés, s’informer auprès de professionnels pour obtenir des conseils et du soutien. Il ne faut pas hésiter à se rapprocher du CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination gérontologique) de sa commune, ou du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de sa mairie. Plus généralement, prendre contact avec l’association française des aidants peut être utile.

  • Prendre soin de soi

Pour aider efficacement, il faut s’accorder un peu de répit de temps en temps. Organiser des pauses dans son emploi du temps, accepter qu’une tierce personne prenne le relais. Etre aidant peut devenir une activité à temps plein. Il faut prendre soin de soi pour être un bon aidant, ne pas hésiter à mettre en place un soutien psychologique, rejoindre un groupe de paroles d’aidants, demander l’aide d’une auxiliaire de vie pour certaines tâches.

  • Suivre une formation

Devenir aidant et être en mesure de le faire correctement, efficacement, n’est pas une compétence innée. Accepter de suivre une formation peut permettre de gagner en confort de vie pour l’aidant comme pour l’aidé. Apprendre certains gestes, adopter les comportements adéquats, savoir appréhender des situations du quotidien sont autant de conseils qui seront prodigués lors de formation dédiées. Il faut se renseigner auprès des CLIC et CCAS.