Les escarres : qui touchent-elles ? Comment les prévenir ?

En France, plus de 300 000 personnes souffriraient d’escarres. Ces plaies cutanées chroniques apparaissent dans des situations très précises et détruisent de façon localisée la peau ainsi que les tissus sous-cutanés. Nous avons interrogé Anne-Laure Husson, responsable marketing pour les laboratoires Rivadis. Spécialistes des produits d’hygiène et de soins, ils proposent une gamme de produits élaborés pour prendre soin des peaux fragilisées et prévenir l’apparition des escarres.

Bonjour Anne-Laure. Avant toute chose, pouvez-nous nous expliquer en quelques mots ce qu’est une escarre ?

Bonjour. Une escarre est une plaie dont l’apparition est d’origine essentiellement mécanique. Suite à un phénomène de pression entre un plan dur (fauteuil, matelas) et les proéminences osseuses, le sang ne circule plus, ou mal. Conséquence : les vaisseaux manquent d’oxygène, les tissus ne sont plus irrigués et une plaie se forme.

L’escarre peut également apparaître suite à des cisaillements ou des frictions répétées. Prenons l’exemple d’un patient alité, allongé sur le dos. Le fait de tenir la même position pendant plusieurs heures sans trop pouvoir bouger va le contraindre à exercer involontairement une pression sur certaines zones du corps. S’il ne change pas de position, des escarres risquent d’apparaître (dans ce cas, il s’agit souvent du bas du dos et des talons). Par ailleurs, s’il glisse progressivement sur ses draps, survient un phénomène de cisaillement cutané propice à l’apparition d’escarres. Mais d’autres facteurs peuvent générer la survenue de ces plaies ; c’est le cas de la macération chez les patients incontinents dont le sacrum est exposé à l’humidité. Dans ce cas, l’état cutané se dégrade et le risque d’escarres augmente.

Comment faire la différence entre une simple sécheresse cutanée et une escarre ?

Les escarres ne siègent pas n’importe où sur le corps. Certaines zones sont plus propices que d’autres : pour les positions assises, ce sont souvent les ischions (bas des fesses).

En position allongée : le dos, le sacrum (haut des fesses) et les talons sont souvent concernés. Dans le cas de la position couchée latérale, il s’agira principalement des hanches, des chevilles et des genoux. Toutes les zones de proéminence osseuse ou en contact avec un support de type fauteuil ou matelas sont à risque car elles exposent les tissus. Ensuite, pour différencier l’escarre d’une simple rougeur, un exercice existe : il consiste à appuyer avec son doigt sur la zone concernée. Normalement, la peau blanchit puis retrouve sa couleur. S’il s’agit d’une escarre en cours de formation, la rougeur ne blanchit pas sous la pression du doigt.

Quels sont les profils les plus concernés par les risques d’escarres ?

Toute personne immobilisée peut développer une escarre, quel que soit son âge. Ce qui fait la différence, c’est la sensibilité à la gêne et la capacité à changer de position, mais aussi l’âge et l’état général. Une personne jeune qui reste assise longtemps changera de position dès que l’inconfort la gagnera. Elle évitera ainsi la survenue d’escarres. Mais certains profils sont plus à risque, c’est le cas par exemple des personnes âgées qui cumulent les facteurs aggravants (poly-pathologies, maigreur, troubles de la mobilité, de la sensibilité, troubles cognitifs). Ces situations ne leur permettent pas de sentir ou de localiser la gêne, ni même de se mouvoir correctement. Cependant, l’escarre n’est pas une fatalité : même si les risques sont plus élevés, les connaissances et les technologies actuelles permettent de mieux la combattre.

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La prévention est donc essentielle pour limiter l’apparition des ces plaies

Tout à fait, et cette prévention commence à la maison en inspectant les zones à risques. Nos laboratoires ont développé plusieurs produits pour prendre soin de la peau. Ils sont disponibles dans les magasins DISTRI CLUB MEDICAL : les soins émollients et crèmes Rivadouce permettent par exemple d’entretenir un bon état cutané et de prévenir la macération le cas échéant. L’huile de soin s’utilisera pour l’effleurage des zones à risque. Cette manœuvre, qui consiste à masser une zone sans appuyer, permet de stimuler la microcirculation tout en nourrissant la peau, et de détecter d’éventuelles rougeurs. Il faut également prendre en charge les autres facteurs de risque éventuels : dénutrition, déshydratation, incontinence, etc. N’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel du soin qui vous montrera les bons gestes. Dans certains cas, un ergothérapeute peut faire un travail de sensibilisation et expliquer au patient les positions qu’il est préférable d’adopter.

Des soignants formés pour vous aider

Dans la prévention des escarres, les professionnels de santé jouent un rôle majeur. Au-delà de leur accompagnement de veille et de soin, ils informent les patients des aides techniques existantes afin d’améliorer leur quotidien. Il peut s’agir de matelas spécifiques, ou encore de coussins spéciaux qui soulagent les zones à risques en positionnant le patient de façon plus homogène : les charges et les appuis sont alors mieux répartis et les risques d’escarres diminuent. Par ailleurs, des échelles de mesure de risques (Norton , Braden, Waterlow) permettent de réévaluer de façon régulière les occurrences d’escarres et de mettre en place des programmes adaptés.

Plus d’informations sur les escarres sur le site http://www.escarre.fr