Héberger un parent à domicile : des aides existent

Alternative aux Ehpad ou au maintien à domicile, l’hébergement d’un parent à domicile vous permet de bénéficier d’aides et d’avantages en termes de fiscalité. Mais au-delà de ces soutiens, l’accueil d’un proche à la maison est une expérience qui nécessite d’être préparée. Ses répercussions sur la vie personnelle et familiale sont nombreuses.

Accueillir un parent : un acte généreux à mûrir

Lorsqu’un parent arrive à l’hiver de sa vie, certains enfants manifestent la volonté de l’accueillir à domicile plutôt que d’envisager son placement en institution. Une décision généreuse qu’il est important de réfléchir en amont. En premier lieu, que recherche-t-on en accueillant un parent chez soi ? N’est-ce pas une façon inconsciente de vouloir réécrire une histoire familiale ? Se faire pardonner, ou tenter de pardonner à un proche les failles d’une éducation ou d’une relation incomplète ? La question du lien que vous entretenez avec ce parent est essentielle. Tout comme l’avis des autres membres de la famille, acteurs directs ou indirects du projet.

Viennent ensuite les considérations liées à l’autonomie du parent que vous accueillez. En moyenne, un aidant, même familial, consacre 6 heures par jour à son parent, ce qui peut très vite devenir éprouvant. En fonction de son degré d’autonomie, ce parent pourra-t-il vous aider dans les tâches du quotidien et s’investir dans la vie de famille ou sa dépendance risque-t-elle, à terme, de peser sur la cellule familiale ? De même, souhaitez-vous accueillir votre proche sur une durée limitée (après une hospitalisation, un deuil) ou de façon permanente ?

Sur le plan technique, votre domicile est-il adapté aux déplacements du parent ? Lui offre-t-il un cadre sécurisé ? Autant de questions à se poser pour que la décision finale soit la plus éclairée possible.

Les aides

Le projet de vivre avec un aîné à la maison intervient aussi lorsque le parent rencontre quelques difficultés financières ou qu’une installation en structure (Ehpad, résidence service, habitat regroupé) se révèle trop coûteuse pour les enfants. Fort heureusement, des aides existent, et en premier lieu : l’APA (Aide Personnalisée d’Autonomie). Cette allocation permet au parent hébergé d’activer certains soutiens : aide à la toilette, entretien de la maison, préparation des repas : des aides à domicile se rendent chez vous et vous soulagent tout en créant un lien social avec votre parent. Si votre proche touche déjà cette aide, il est possible de la faire transférer lorsqu’il emménagera à votre domicile. S’il ne l’a pas demandée, prenez contact avec votre conseil départemental ou le point d’information local dont dépend votre domicile. Vous serez informé des aides possibles en fonction de votre situation et de celle de votre proche.

D’autres soutiens existent, comme les aides extralégales versées par les mairies ou les conseils départementaux. Elles permettent de faire face à des frais exceptionnels et sont attribuées au cas par cas. Enfin, les caisses de retraite et la CAF avec sa complémentaire santé solidaire interviennent ponctuellement selon les besoins et les ressources des demandeurs.

Une fiscalité avantageuse

Héberger un parent âgé chez soi ouvre la porte à des avantages ; ils sont cependant soumis à conditions.

Votre proche hébergé bénéficie de la carte invalidité ? Une part supplémentaire est ajoutée au calcul de votre impôt, à condition que le revenu du parent soit intégré à votre déclaration (la personne accueillie ne doit pas être votre conjoint(e) ou votre enfant).

Enfin, si votre parent a plus de 75 ans, qu’il ne dispose pas des ressources suffisantes et que vous l’hébergez à titre gratuit, il vous est possible de déclarer 3 500 euros au titre des pensions alimentaires. Cette somme inclut l’hébergement et la nourriture. Attention : dans ce cas, il n’est pas autorisé, lors de votre déclaration de revenus, de compter la personne à votre charge afin de bénéficier d’une part supplémentaire.

Devenir salarié(e) du parent hébergé

Le parent hébergé bénéficiant de l’APA peut décider de vous salarier en tant qu’aide à domicile. L’avantage ? Vous cotisez pour votre retraite et bénéficiez d’une prestation sociale. L’inconvénient ? Un lien de subordination se crée entre l’aidant et son parent. Au fil du temps, il n’est pas rare de faire l’expérience d’une grande fatigue menant à l’épuisement. Être aidé de professionnels permet de souffler un peu. De même, il est tout à fait envisageable, lorsque la situation devient complexe, de faire appel à un service d’accueil de jour. Il permettra à votre parent de rencontrer d’autres personnes et vous offrira un temps précieux que vous consacrerez ainsi à des occupations plus personnelles.

En résumé

Accueillir un proche à domicile est une expérience de partage et de générosité. Mais pour que chaque acteur profite de cette « nouvelle » vie, il est nécessaire de réfléchir aux conséquences en amont. Pour quelles raisons souhaite-t-on accueillir un parent chez soi ? La maison est-elle suffisamment équipée pour la vie quotidienne d’un sénior ? Comment gérer les contraintes familiales et organisationnelles ? Pour vous soutenir dans ce projet, des aides existent ainsi que des avantages en matière de fiscalité. Il est même possible de devenir salarié du parent hébergé et cotiser pour sa propre retraite. Attention cependant : s’occuper d’un proche peut très vite devenir éprouvant. Fatigue, stress et impatience sont le lot de nombreux aidants. N’hésitez pas à demander du soutien (aides à domicile, accueil ponctuel du parent en service d’accueil de jour, etc.)