La dénutrition des personnes âgées : êtes-vous concerné(e) ?

Problème majeur de santé publique, la dénutrition touche entre 4 et 10 % des personnes âgées vivant à leur domicile. Les chiffres montent à 38 %1 pour les aînés en institution. Mais les risques peuvent être réduits voire effacés grâce à la reconquête de son assiette. Dans cette approche, la présence de l’entourage et de certains professionnels représente souvent une aide précieuse.

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La dénutrition et ses causes

Une personne âgée dénutrie peut perdre jusqu’à 10 % de son poids en 6 mois. Cette détérioration visible est un des premiers signaux d’alarme : si vous avez perdu 2 kilos en un mois ou plus de 4 kilos au cours des 6 derniers mois, il est nécessaire d’en parler à votre médecin. Désemparées et perdues, les familles sont nombreuses à s’interroger sur les raisons d’une dénutrition d’un proche âgé. En réalité, les facteurs sont multiples. Parfois invisibles, ils tendent même à s’additionner :

  • L’absence ou la diminution d’une activité physique atténuent la sensation de faim : la personne âgée commence à sauter des repas.
  • La perte de saveur des aliments altère l’appétit.
  • Constipation et maux gastriques contribuent à accroître le risque de dénutrition par le biais de douleurs répétées.
  • Les douleurs bucco-dentaires éloignent la personne âgée de l’assiette. En cause ? La peine à mastiquer ou à supporter des troubles de la mastication.
  • La prise régulière de médicaments ou la polymédication affectent le goût et réduisent la salivation.
  • Les maladies psychologiques type dépression liée à la solitude ou au veuvage, ont des conséquences sur l’appétit.

Les risques de la dénutrition

Parce qu’elle entraîne une diminution de la masse musculaire, la dénutrition pose de multiples problèmes pour la santé de la personne âgée : diminution de la mobilité avec augmentation des risques de chutes et de fractures, cas d’escarres plus fréquents chez les patients alités et hausse des cas d’infections nosocomiales et de complications postopératoires à l’hôpital. La morbidité s’accroît avec l’apparition d’un cercle vicieux : la dénutrition provoque une fatigue, un amaigrissement et une perte d’appétit. Une personne fatiguée et affaiblie mangera moins. La dénutrition sera alors plus grave, d’où l’importance d’une prévention et d’un repérage précoces.

Prévenir la dénutrition

Face à des situations de possible dénutrition, un dépistage est souvent nécessaire. Mais comme nous l’avons vu plus haut, si vous perdez 2 kilos en un mois ou 4 kilos (voire plus) en 6 mois, les risques de dénutrition deviennent réels et il s’avère impératif de modifier vos habitudes alimentaires. Les 3 repas par jour doivent être remis au cœur de votre programme de prévention. Privilégiez les mets faciles à consommer (purées, soupes, viandes hachées, poissons). Pour rehausser leur goût et retrouver le plaisir de se nourrir, n’hésitez pas utiliser les épices et les aromates. Ne culpabilisez pas à l’idée d’introduire quelques collations supplémentaires au fil de la journée (biscuits, compotes et fruits faciles à déguster) et enrichissez votre alimentation en protéines (lait, crème, œufs). L’objectif vise à atteindre des rations d’au moins 400 kcal et/ou 30 g de protéines par jour sans augmenter nécessairement le volume. En cas de dénutrition avancée ou de carences, des compléments nutritionnels seront prescrits par votre médecin. Contre les risques d’ostéoporose ou de fractures, une supplémentation en vitamine D pourra être envisagée.

Qui peut m’aider à améliorer ma prise en charge nutritionnelle ?

À domicile, différentes aides peuvent intervenir : l’aide-ménagère ou l’auxiliaire de vie sociale sont habilitées à faire les courses, préparer vos repas et vous aider à les prendre.

Certaines associations ou mairies organisent en outre la livraison de repas. N’hésitez pas à vous faire aider et à prendre contact avec les réseaux gérontologiques, les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS) et les Centres Locaux d’Information (CLIC).

Pour plus d’information sur la prévention de la dénutrition des personnes âgées, consultez le site Manger Bouger du Programme National Nutrition Santé (PNNS) mis en place par le gouvernement et les acteurs du domaine de la santé publique.

Un guide complet de nutrition vous est proposé ici en téléchargement.


1 HAS, 2007.