La sensibilité au gluten n’est pas une maladie imaginaire

Maladie cœliaque ou sensibilité au gluten, il est parfois compliqué de s'y retrouver entre ces deux appellations. Si la première confirme par des analyses biologiques une pathologie avérée qui nécessite un retrait total du gluten dans son alimentation, la seconde évoque comme son nom l'indique une "sensibilité".

Dans les faits, cette sensibilité signifie que les tests de la recherche de la maladie cœliaque sont négatifs. Pourtant, vous ressentez une gêne abdominale qui ne passe pas et différents maux qui s’apparentent à la maladie cœliaque. Vous-même ou votre entourage ne vous prend plus au sérieux parce que les tests s’avèrent négatifs ? Sachez pourtant que la sensibilité au gluten n’est pas une maladie imaginaire et les maux que vous ressentez sont bien liés à cette protéine. On vous explique pourquoi.

Le point sur le gluten

Pour comprendre ce qu’il se passe dans notre corps en cas de sensibilité / intolérance au gluten, il est important de revenir aux bases et comprendre tout simplement ce qu’est le gluten.
Le gluten est un ensemble de protéines présent essentiellement dans les céréales en un mélange de prolamines et de gluténines. On en retrouve principalement dans le blé, l’épeautre, le seigle, l’orge notamment.
À quoi sert-il ? Il va permettre au pain de bien lever en complément de la levure, de rendre la pâte à pain moins collante et plus facile à filer, de lui donner du volume, de donner à la mie moelleux et résistance.
Mais le gluten est aussi utilisé pour donner du doré à de nombreux biscuits ou apporter de la résistance à la pâte feuilletée, par exemple. Pour cela, on retrouve le gluten dans de nombreux produits alimentaires industriels comme additif protéique : dans des plats tout prêts mais également, aussi surprenant soit-il, dans certaines bières, ketchup, sauce soja, bouillons cubes, comme stabilisateur. Autant dire que le gluten peut se cacher dans de nombreux aliments.

Maladie cœliaque ou sensibilité au gluten : quelle différence ?

Les chiffres indiquent que 1% de la population souffrirait de la maladie cœliaque dont seulement 10% à 20% des cas seraient diagnostiqués. On estime en parallèle que 5% à 10% de la population auraient une sensibilité au gluten non-cœliaque, souvent mal détectée.

gluten

Les symptômes

Dans les deux cas, les symptômes sont quasiment identiques. C’est pour cette raison qu’il est parfois difficile de faire la distinction. Les malades cœliaques ou les sensibles au gluten peuvent vivre très longtemps dans l’ignorance de leur pathologie ou de leur sensibilité car les symptômes digestifs peuvent s’apparenter à des troubles digestifs mineurs.

Pourtant différents signaux peuvent vous alerter et vous inciter à consulter. Des symptômes digestifs comme des diarrhées chroniques, des douleurs abdominales, des ballonnements (le ventre lourd ou tendu) ou des symptômes non-digestifs comme une fatigue intense, des maux de tête, des douleurs articulaires après l’absorption de gluten peuvent vous interpeller.

Comment les distinguer alors ?

La maladie cœliaque atteste d’une intolérance au gluten dont l’absorption chez une personne atteinte de cette pathologie entraîne la production d’anticorps, qui elle-même engendre une réaction inflammatoire du tube digestif avec destruction des villosités intestinales (la paroi intestinale). Pour les personnes diagnostiquées malades cœliaques, l’absorption du gluten est donc toxique et nocif.
Pour confirmer le diagnostic, une prise de sang doit être effectuée pour rechercher les anticorps spécifiques à cette maladie « anti-transglutaminase ». Si leur présence est avérée, une endoscopie est pratiquée.

La sensibilité au gluten non-cœliaque est beaucoup plus compliquée à détecter car les symptômes et les maux douloureux sont identiques. Pourtant le tableau clinique de la personne souffrant de sensibilité au gluten est tout à fait normal. Après prise de sang et examen clinique, le patient ne montre ni lésions intestinales, ni anticorps (anti-transglutaminase) ce qui permet à cette sensibilité de passer inaperçue. C’est la raison principale pour laquelle cette sensibilité fait parfois débat et peut entraîner d’éventuelles erreurs de diagnostic. Souvent, on peut confondre cette sensibilité avec le syndrome du colon irritable. Et les patients peuvent souffrir longtemps sans comprendre l’origine de leurs maux.

À l’heure actuelle, si vous ressentez tous ces maux et cette gêne intestinale, que votre examen clinique est bon mais que vous souffrez constamment sans comprendre la raison, le seul moyen de diagnostiquer une sensibilité au gluten consiste en l’éviction totale du gluten de votre alimentation.
Si les symptômes s’estompent au bout de quelques semaines voire quelques jours en ayant supprimé le gluten c’est que vous faites partie des 5% à 10% de la population qui souffre de sensibilité au gluten non-cœliaque, une pathologie réelle et connue aujourd’hui, qui se traite par une modification de votre alimentation.