Maintien à Domicile : la solution à tous les problèmes ?

Pour les séniors dépendants, la perspective de changer de lieu de vie peut représenter un véritable bouleversement. Dispositif de plus en plus plébiscité, le Maintien à Domicile permet de conserver ses repères habituels tout en limitant les contraintes. Mais cette mesure est-elle la panacée ? Nos réponses.

Aide-domicile

D’ici 2060, la France attend un doublement du nombre de personnes en situation de dépendance : les plus de 80 ans représenteront 11 % de la population française (INSEE). Mais où vivre quand la mobilité diminue et que la santé vacille ? L’équation est parfois complexe à dénouer ; certains retraités n’ont ni la volonté, ni les moyens de financer un séjour en maison de retraite (1 953 €1 de prix mensuel médian). En revanche, ils sont 80 %2 à souhaiter vieillir tranquillement chez eux, malgré les difficultés de déplacement et la maladie. Or, pour pouvoir vivre chez soi lorsque la mobilité décroît, l’adaptation d’un logement est nécessaire. La mesure coûterait 4 500 € en moyenne, auxquels il est nécessaire d’ajouter les frais liés à la présence régulière des aides à domicile. Rester à domicile oui, mais à condition que la situation financière et médicale de la personne concernée le permette3.

Les atouts du Maintien à Domicile

Grâce au Maintien à Domicile, des auxiliaires de vie accompagnent les séniors et les personnes dépendantes ou handicapées dans la réalisation de leurs gestes et activités du quotidien : toilette, préparation des repas, courses, ménage… une aide précieuse qui leur permet de profiter au mieux de leur maison. Car rester chez soi, c’est respecter deux éléments essentiels à leur équilibre de vie : la liberté et les repères. La maison est un cocon rassurant : par la fenêtre, on salue les voisins ou le facteur, on échange un instant. On conserve ses activités sociales, dont on connaît l’importance pour une bonne santé psychique.

Des freins possibles

Défendu par de nombreux acteurs (séniors, aidants, pouvoirs publics), le Maintien à Domicile n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Certains obstacles fragilisent les aînés. Parmi eux : la dépression, les risques de chute et les questions liées au financement du dispositif.

Concernant la dépression, malgré une vie sociale nourrie, 25 % des plus de 75 ans se sentent seuls. C’est deux fois plus que la moyenne des français4. Rester à domicile ne doit donc pas devenir une souffrance. Les aidants, qu’ils soient professionnels ou familiaux, devront prendre cet aspect en compte et attacher de l’importance au renforcement du lien. Il faudra par exemple éviter la multiplicité des intervenants à domicile ainsi que les rotations d’aidants trop élevées, ceci afin de créer des relations plus approfondies et moins superficielles.

Autre frein de taille : les chutes à domicile.

Première cause de mortalité par accident chez les séniors, elles peuvent être évitées de plusieurs façons : enlever ou fixer les tapis, régler les éclairages ou baisser le niveau du lit (plus d’infos en cliquant ici).

Enfin, la question du financement doit être étudiée avec attention car les problèmes sont fréquents, surtout chez les séniors modestes, dont le reste à charge peut-être élevé et fragiliser la pérennité de la mesure.

Combien ça coûte ?

Difficile d’estimer le coût représenté par le Maintien à Domicile, tant les services sollicités par les séniors varient selon leur degré d’autonomie, leur état de santé et leurs revenus. Mais quelles que soient les prestations choisies, le coût horaire d’un aidant sera compris entre 20 et 40 € de l’heure, auxquels il est nécessaire d’ajouter les majorations week-end ou de nuit. Aide au repassage, à la toilette, à la préparation des repas, courses à domicile ; on estime qu’avec 3 heures quotidiennes, il est nécessaire de prévoir un budget compris entre 1 800 € et 2 000 € par mois (hors aménagement du domicile).

Pour l’achat d’équipements, tout dépend du matériel choisi : un déambulateur coûte entre 60 et 100 €, une barre d’appui entre 15 et 70 €, un monte escalier entre 3 000 et 12 000 €. Globalement, les prix varient selon le matériel choisi. Si la facture monte trop vite, pensez à la location : elle permet de faire des économies. Sachez aussi que l’ensemble des dépenses est allégé par l’existence de nombreuses aides. C’est le cas de l’APA (Aide Personnalisée d’Autonomie) qui permet de rémunérer les professionnels qui interviennent à domicile. Par ailleurs, des crédits d’impôts existent : ils facilitent l’aménagement du logement, le remplacement d’équipements ainsi que l’emploi d’un salarié à la maison. Pour savoir qui contacter et quelles sont les aides spécifiques, cliquez ici ainsi que sur le lien de cet article.

La différence avec une Hospitalisation À Domicile (HAD)

MAD (Maintien à Domicile) et HAD (Hospitalisation à Domicile) sont deux modes de prise en charge dont la différence s’articule autour du volet médical. L’Hospitalisation à Domicile (HAD) est assurée par une équipe pluridisciplinaire de l’établissement médical afin de raccourcir ou éviter un séjour à l’hôpital.

Dans le cadre d’un maintien à domicile (MAD), les soins médicaux ne sont pas dispensés. Les aidants ou auxiliaires de vie sont à vos côtés pour répondre en priorité à vos besoins d’hygiène et de confort. Si vous avez besoin d’un professionnel de santé, il est possible de faire appel à un(e) infirmier(e) libéral(e) ou d’activer le service des SSIAD (Soins Infirmiers à Domicile). Plus d’infos ici.

EN RESUMÉ

Pour vieillir le plus paisiblement possible sans se sentir déraciné, le Maintien à Domicile reste la solution préférée des séniors. Mais ce dispositif doit être choisi en fonction de l’état de santé de la personne concernée, de son degré de dépendance et de ses ressources financières. Très souvent, il est nécessaire d’aménager le domicile afin d’éviter les risques de chute, première cause de mortalité par accident chez les séniors. Quant aux aidants, ils devront aussi consacrer du temps d’écoute et d’échange, afin de limiter la solitude, autre ennemie de taille pour nos aînés. De nombreuses aides existent. Vous retrouverez une liste exhaustive sur le site du Ministère des solidarités et de la santé (ici).

 

1 Ministère des solidarités et de la santé, 2017.

2 Leroy Merlin Source, « j’y suis j’y reste ».

3 Rester chez soi doit être conditionné par le niveau de dépendance de l’aîné. En France, cette dépendance est classée selon six niveaux. Le 1er (GIR 1) indique une dépendance très forte et le 6e une dépendance faible. A chaque niveau de dépendance, des aides spécifiques sont apportées en termes d’aide et d’accompagnement. Si la santé se dégrade, un placement en structure spécialisé est indispensable.

4 Institut Montaigne.