Maladie d’Alzheimer : des prises en charge sans médicaments

Depuis l’année dernière, quatre médicaments anti-Alzheimer sont déremboursés. Si cette décision divise une partie de la communauté médicale, elle pose néanmoins la question de la prise en charge du malade. Car pour maintenir le plus longtemps possible les processus cognitifs des personnes touchées par Alzheimer, il existe des accompagnements sans médicaments, avec des effets positifs sur le malade et ses proches.

En août dernier, la ministre de la santé Agnès Buzyn, annonçait, après consultation des experts de la Haute Autorité de Santé, le déremboursement de quatre médicaments n’ayant pas prouvé leur efficacité et entraînant des effets secondaires parfois marqués. Il s’agit d’Aricept, Ebixa, Exelon et Reminyl. L’argent économisé grâce au déremboursement a pour objectif d’accompagner les malades sur des alternatives sans médicaments. Et en la matière, plusieurs approches fort intéressantes méritent d’être présentées.

Des pertes de mémoire ? Optez pour la consultation mémoire

Pertes de mémoire répétées, troubles du langage ; au fur et à mesure que les années passent, certaines pertes de mémoire inquiètent. Elles sont souvent associées – à tort – à l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Pour établir un diagnostic précis, prenez contact avec votre médecin généraliste. S’il le juge nécessaire, il vous orientera vers une consultation mémoire à l’hôpital (il y en a 400 dans tout l’hexagone) ou chez un médecin libéral (neurologue, gériatre, psychiatre). Pour trouver le centre le plus proche de chez vous, cliquez ici.

Les ESAD : des spécialistes à votre domicile

Les ESAD (Équipe Spécialisée Alzheimer à Domicile) sont des structures auxquelles on ne pense pas toujours et qui regroupent des équipes formées à la maladie d’Alzheimer. Assistants de soins, psychomotriciens, ergothérapeutes, orthophonistes : ces professionnels interviennent durant plusieurs mois au domicile du patient. En travaillant avec lui sur sa mémoire, son attention ; en améliorant ses capacités de mouvements, ils freinent sa perte d’autonomie et lui permettent de rester le plus longtemps possible à son domicile. Pour plus d’information sur les ESAD situés près de votre domicile, rendez-vous sur le site de l’Agence Régionale de Santé ici.

L’approche artistique pour thérapie

Ralentir les effets de la maladie par une approche artistique personnalisée est une philosophie séduisante pour nombre de participants. Et pour cause : les thérapies autour de la musique ou de l’art ont des effets positifs sur les émotions. Placées sous la guidance d’un art-thérapeute, parfois accompagnées d’un-e psychologue, les malades s’apaisent et créent du lien avec les autres participants. En outre, grâce à la stimulation de leurs processus cognitifs, certaines manifestations propres à la maladie comme l’agitation, l’agressivité ou le repli sur soi diminuent. L’étude Etna 3 souligne le léger bénéfice de l’approche artistique sur l’autonomie des patients et une entrée en institution repoussée de 6 mois en moyenne.

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Le gestionnaire de cas MAIA

Au domicile du patient, les professionnels (médecins traitants, ergothérapeutes, aides à domicile) n’informent pas systématiquement leurs confrères et consœurs des gestes effectués ou des décisions prises. Une situation qui nuit parfois au maintien de la personne à domicile. Pour éviter cet écueil, il est possible de faire appel à un gestionnaire de cas MAIA. Il s’agit d’un référent unique qui ajuste et consolide l’accompagnement du malade en coordonnant les différents intervenants.

Pour bénéficier d’une prise en charge, contactez le point local d’information le plus proche de chez vous (mairie, CLIC ou CCAS).

En résumé

Le déremboursement de certains médicaments décidé par le gouvernement a pour objectif d’accompagner les malades d’Alzheimer sur des pistes alternatives. Grâce à des actions thérapeutiques visant à renforcer les capacités cognitives, les professionnels notent une amélioration, même provisoire, de l’autonomie et des complications liées à la maladie (agitation, agressivité ou repli sur soi). Une aide sans médicament est donc possible, avec des effets positifs sur le malade mais aussi sur les proches, parfois éprouvés par une implication très intense.