Perte d’audition des séniors : n’attendez pas avant de consulter !

Le temps passe et vous peinez à entendre ce que disent vos interlocuteurs ? Vous faites peut-être partie de ces 3 à 4 millions de personnes touchées par la perte d’audition. Saviez-vous qu’une prise en charge précoce vous assure un meilleur confort auditif et préserve votre santé psychique ? Le point sur les solutions pour ne plus avoir à tendre l’oreille en toutes circonstances !

Perte d'audition des seniors - test d'audiométrie

Les impacts d’une baisse de l’audition

En France, 30 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 70 ans souffriraient de presbyacousie, un trouble de l’audition causé par le vieillissement des cellules de l’oreille. Une pathologie qui parfois, se révèle plus précoce et marquée, si les oreilles ont été exposées à de multiples agressions sonores au cours de leur vie.

Lorsque l’audition baisse, comprendre les conversations dans un milieu bruyant devient difficile. Vous avez beau vous concentrer, il n’est pas rare de devoir demander à un interlocuteur de répéter ou de reformuler ; autant de situations qui agissent comme de véritables freins auprès d’une frange de la population. Gênés de dire qu’ils n’ont pas entendu ou pas compris, certains aînés se referment. À terme, si cette situation s’installe, elle augmente le risque d’isolement social, voire de dépression : des scientifiques canadiens ont récemment montré que 10 décibels perdus accroissent de 52 % le risque d’isolement 1. Le plus grand danger n’est donc pas la perte d’audition, mais l’absence de dépistage ou de traitement. Pourtant, des solutions existent.

Un examen chez l’ORL

En prenant rendez-vous chez un ORL, celui-ci vous proposera un examen complet des tympans, accompagné de deux tests : l’audiogramme tonal, pour évaluer votre seuil de perception des sons, et l’audiogramme vocal, au cours duquel vous devrez répéter une série de mots à différentes intensités, afin de vérifier votre niveau de compréhension du langage. En fonction des résultats, le médecin diagnostiquera votre type de surdité, ainsi que son niveau (léger, modéré, sévère, profond). Si la situation l’exige, il vous orientera vers un audioprothésiste qui vous proposera différents types d’appareillages selon votre presbyacousie et votre budget.

amplificateurs auditifs

Les différentes prothèses disponibles sur le marché

L’amplificateur conventionnel

Depuis quelques années, de grands progrès ont été faits en matière de prothèses. Les amplificateurs conventionnels restent les plus plébiscités. Ils se présentent sous la forme d’un petit microphone extérieur et d’un écouteur à placer dans le conduit de l’oreille. La plupart du temps, l’écouteur est relié à un contour que l’on porte sur le pavillon de l’oreille. Mais il peut aussi s’agir d’un simple appareil dissimilé dans le conduit auditif. Côté atouts, citons le confort et la performance de l’appareillage, qui amplifie les sons faibles et filtre les sons trop forts. De sérieux avantages qui ne doivent pas masquer certains défauts. Le principal concerne l’embout présent dans le canal auditif : il peut s’avérer gênant. La taille de l’appareil et cette sensation quasi permanente d’intrusion dans l’oreille ne rendent pas toujours l’adaptation facile. D’autres porteurs expliquent être dérangés par une résonance, comme s’ils évoluaient dans une pièce vide. Et puis, il y a celles et ceux gênés par les larsens et une exagération des sons produits par les bâillements ou la mastication.  

Les prothèses nouvelle génération

Depuis 2007, l’arrivée d’une nouvelle génération de prothèses auditives a en partie gommé la liste des défauts évoqués plus hauts. Fini l’embout traditionnel placé dans le conduit auditif et dont le diamètre pouvait gêner. Il est désormais remplacé par un mini-embout très discret qui laisse passer l’air dans le conduit. Relié par un petit tube en plastique très fin à un contour d’oreille sobre, sa miniaturisation offre deux atouts majeurs : discrétion et efficacité. Les sifflements disparaissent et les sons et les voix sont parfaitement amplifiés. S’il fallait tout de même apporter un petit bémol, on soulignerait que ces prothèses, tout comme les amplificateurs conventionnels, ne restituent pas l’audition naturelle « normale ». Par ailleurs, la période d’adaptation peut être plus ou moins longue selon les porteurs. Les premiers temps, il est nécessaire de procéder à différents essais. N’hésitez pas à solliciter votre audioprothésiste afin qu’il puisse effectuer les réglages indispensables à votre confort d’écoute.

Le budget

S’appareiller représente un coût, et des freins à l’achat surgissent parfois, la prise en charge par la Sécurité Sociale étant très faible. Une prothèse auditive coûte en moyenne 1 200 € par oreille, parfois plus selon le degré de sophistication que vous souhaitez lui apporter. Qu’elle que soit la prothèse prescrite, la Sécurité Sociale vous remboursera 60%  sur la base d’un tarif fixé à 300 €. (Plus d’infos ici).

Si vous bénéficiez d’une mutuelle, sachez que certaines d’entre elles peuvent réaliser un complément jusqu’à 800 € selon la couverture choisie.

EN RÉSUMÉ

Si votre audition diminue, prenez rendez-vous avec un ORL sans tarder. Nombre de personnes souffrant de presbyacousie ne consultent pas, ne s’appareillent pas et finissent par se replier sur elles-mêmes avec tous les risques associés : isolement social, états dépressifs… Pourtant, de grands progrès ont été faits en matière d’appareillages auditifs. L’arrivée sur le marché des prothèses nouvelle génération fait rimer discrétion et efficacité. Côté remboursement, la Sécurité Sociale intervient de façon minime mais selon votre contrat, les mutuelles peuvent couvrir jusqu’à 800 euros par appareil auditif.

1 Étude canadienne, revue Ear and Hearing, 2016.