Phobies, d’où viennent-elles et comment les combattre ?

Vous éprouvez une peur panique à l'idée de vous retrouver coincé dans un ascenseur, à la vue d'une souris ou d'une araignée ? Vous angoissez d'avance à l'idée d'un concert auquel vous êtes invité ou d'une manifestation à laquelle vous devez participer ? Vous souffrez peut-être de ce que l'on appelle communément une phobie. Voici quelques clés pour les comprendre et les combattre.

Comprendre la phobie

Il est très important de bien distinguer une peur commune d’une phobie, qu’on appelle plus précisément une peur irrationnelle. Il nous arrive à tous, de temps en temps, d’éprouver une appréhension en prenant l’avion mais celle-ci ne nous empêche pas de l’emprunter. Ou bien une sensation de dégoût à la vue d’un rat ou d’une souris, mais celle-ci disparaît rapidement. Ou encore un inconfort passager lorsque nous nous trouvons dans un lieu fermé ou bien saturé de monde.

Une phobie diffère de toutes ces sensations, elle est caractérisée par une peur irrationnelle, excessive et presque incontrôlable -comparée aux risques encourus-, liée à une situation particulière ou à un objet donné, complétée par une recherche d’évitement de l’élément déclencheur. Les personnes phobiques se distinguent également par la crainte anticipée de se retrouver dans une situation donnée ou face à l’objet de leur phobie. Lorsque c’est le cas, les phobiques déclarent un état d’anxiété immédiat qui peut éventuellement déclencher un état de panique total.

Dans une situation de peur, l’objet ou la situation active une partie du cerveau nommée l’amygdale (différentes de celles situées dans la gorge) – un noyau situé dans le lobe temporal en avant de l’hippocampe et sous le cortex. Sa fonction essentielle concerne la reconnaissance et l’évaluation des stimuli sensoriels qui pourraient être menaçants. Elle détecte la « menace », alerte le système de défense et déclenche différentes réactions en cascade : on a le « souffle court » car le rythme cardiaque s’accélère, nos muscles se contractent, on transpire. Comme un instinct primaire ou bestial notre corps se prépare à la fuite.

Ce n’est qu’ensuite que notre cortex frontal analyse l’objet de notre peur et l’évalue.

Chez la personne phobique, ce mécanisme déclenché par le stimuli est multiplié et répété car l’amygdale envoie en permanence des alertes et « noie » nos centres nerveux sous ces messages. La peur est amplifiée et devient immaîtrisable.

 

Les différents types de phobies 

On distingue deux grandes catégories de phobies, les phobies spécifiques et les phobies complexes ou sociales.

 

  • Les phobies spécifiques

Les phobies spécifiques comprennent l’ensemble des peurs irraisonnées d’une chose ou d’une situation précise, complétées par des comportements d’évitement pour ne pas se retrouver face aux stimuli de l’angoisse.

Les phobies spécifiques concernent des peurs communes : la peur des araignées (arachnophobie), la peur de l’avion (aviophobie), la peur des aiguilles (achmophobie), la peur des chiens (cynophobie), mais comprennent également des peurs moins connues comme la peur des clowns (coulrophobie), la peur de vomir (émethophobie), la peur de l’obscurité (kénophobie). On dénombre plus d’une centaine de peurs spécifiques.

 

  • Les phobies complexes

Les phobies complexes comprennent toutes les phobies sociales, qui sont caractérisées, outre la peur, par une anxiété chronique qui sous-tendent une mauvaise estime de soi. Elles correspondent à la peur intense, excessive et durable du jugement de l’autre ou de toute situation où l’on est vu et entendu par une seule personne ou un groupe. Elles sont très handicapantes pour la personne qui en souffre car elles sont intimement liées à l’autre et donc à de nombreuses situations sociales de tous les jours.

L’agoraphobie par exemple, désigne la peur de la foule mais également la crainte d’être dans un lieu dont il est difficile d’échapper. Mais il peut également s’agir de prendre la parole en public ou demander un renseignement à inconnu. Si pour nombre d’entre nous, cela suscite une gêne, un inconfort, un pic de stress; pour les phobiques cela entraîne une peur panique qui tétanise complètement.

 

Comment les combattre ?

Heureusement, la phobie est une pathologie dont on peut guérir!

Si dans certains cas, un traitement médicamenteux peut être prescrit par votre médecin dans les cas d’épuisement lié aux phobies, ce n’est pas ce qui va vous guérir de votre peur.

De nombreuses techniques ont prouvé leur efficacité :

  • Thérapies comportementales

La thérapie comportementale cognitive (TCC) va tenter de déconditionner la peur par une exposition progressive à la phobie, cela va agir comme une sorte de désensibilisation allergique. Cette méthode plus ou moins longue en fonction de l’ancienneté de la phobie se réalise avec un thérapeute spécialisé, on l’appelle l’exposition.

La méthode EMDR peut être utilisée lorsque l’on arrive à faire un lien entre la phobie et un microtraumatisme. Il s’agit d’une approche de psychothérapie qui utilise la stimulation sensorielle par des mouvements d’yeux ou des stimuli auditifs ou cutanés pour une résolution rapide des symptômes liés à des évènements du passé.

  • L’hypnose

Il s’agit de plonger le patient dans un état entre veille et sommeil, en relaxation profonde et intense à l’opposé de l’anxiété afin de trouver des réactions plus adaptées face à l’objet de la peur ou à la situation problématique.

  • Réalité virtuelle

L’une des techniques récentes éprouvées consiste à immerger le patient phobique dans une réalité en 3D avec un cadre rassurant et des paramètres contrôlés qui vont aider à l’exposition progressive vers la phobie. Souvent grâce à un casque de réalité virtuelle, le patient va, en plusieurs séances s’exposer de plus en plus près de sa phobie, jusqu’à ne plus éprouver de crainte.

Voici quelques clés pour mieux comprendre les phobies et surtout apprendre que l’on peut en guérir de mieux en mieux aujourd’hui, grâce à des techniques toujours plus pointues. Il est aussi possible et conseiller d’aller consulter et se faire aider en clinique.