Pollution de l’air : les risques pour la santé

Panique en France : en mars dernier, le pays a connu une vague de pollution de l'air apocalyptique. Pendant plusieurs jours, dans les grandes villes, la pollution était plus que palpable. Nous nous sommes penchés sur cet épineux problème et les dangers pour notre santé.

Pollution de Paris en mars 2014. Crédit Flickr / Thefunkyman

Le droit de bien respirer

Bien respirer, on ne le sait pas toujours, est un droit formalisé par un texte de loi. En 1996, la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie stipule que l’Etat assure « la surveillance de la qualité de l’air et (…) de ses effets sur la santé ». Des plans d’actions nationaux sont ainsi déployés tout au long de l’année sur le territoire pour tenter de réduire la pollution atmosphérique.

Pourquoi un pic de pollution ?

La pollution de l’air est causée par les activités humaines telles que le trafic routier, le chauffage, les fumées d’usines, l’agriculture. D’après l’ADEME, 11 millions de tonnes de polluants émis en France chaque année dans l’atmosphère.

Plusieurs facteurs entrent en jeu dans la formation d’un pic de pollution :  l’absence de vent empêche les particules fines de se disperser, et la chaleur forme un couvercle qui empêche les particules de s’échapper. C’est ainsi que le mois de mars dernier a été propice à la montée de ces pics de pollution en Ile-de-France.

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Pollution à la Défense, Paris, mars 2014. Crédit Wikicommons

Les effets de la pollution sur notre organisme

Un être humain inhale chaque jour entre 10 000 et 20 000 litres d’air. L’air « utile » représente 99% de cet air inhalé. Le 1% restant peut contenir des polluants d’origine naturelle ou produits par l’activité humaine. Il y a de nombreux types de polluants, les plus connus sont le monoxyde de carbone, l’azote, ou encore les fameuses microparticules en cause dans la dernière grande vague de pollution.

Pourquoi ces microparticules sont-elles dangereuses ? Parce qu’elles se déposent  sur l’arbre trachéo-bronchique et vont atteindre les alvéoles pulmonaires, tandis que les particules plus grosses sont dégluties et éliminées par la voie digestive.

Inégaux face à la pollution de l’air

Nous ne sommes pas tous égaux face à la pollution de l’air. Selon l’endroit où nous vivons, les activités que nous faisons, nos antécédents médicaux, chacun subit des dommages différents.

La plupart des grandes villes françaises sont concernées par la pollution, mais à l’intérieur des villes, il y a des espaces plus préservés que d’autres. La proximité avec le trafic routier favorise la pollution de l’air… ainsi, d’un quartier à l’autre d’une même ville, on ne respire pas le même air !

Crédit wikicommons

Crédit wikicommons

Les maladies causées par la pollution sont principalement respiratoires, elle favorise les crises d’asthme et les allergies. La pollution de l’air peut aussi participer à des troubles cardio-vasculaires. Et surtout, ce n’est pas la pollution seule qui est la plus dangereuse : elle agit plutôt comme un facteur supplémentaire de risque. Combinée avec d’autres risques (comme le tabac par exemple), elle provoque des complications. En tous les cas, si les pics de pollution sont impressionnants, c’est bien l’exposition quotidienne à la pollution « invisible » qui a des effets néfastes sur notre santé.

De plus, on connaît mal les effets à long-terme : ils ne sont mesurés que depuis les années 1990, et principalement aux Etats-Unis.

Que peut-on faire ?

Pas forcément évident de tout quitter pour se mettre au vert… Depuis les années 1970, on a réussi à maîtriser une partie la pollution, et les émissions de polluants sont globalement en baisse. Aujourd’hui c’est surtout le trafic routier qui est en cause dans la pollution de l’air. Alors on s’efforce de limiter l’usage de sa voiture, et on privilégie les transports en commun. Côté maison, on investit si possible dans un système de chauffage performant : des économies sont à la clé.

Crédit Flickr / Prodigalsista

Crédit Flickr / Prodigalsista

Voici quelques exemples d’associations à suivre : Ligair en région Centre, Airaq en Aquitaine, l’Oramip en région Midi-Pyrénées, Air Paca en Provence Alpes Côtes d’Azur, Airparif pour l’Ile-de-France… Ces organismes sauront vous aiguiller et répondre à vos questions sur l’actualité de « votre » air.

Si on habite dans une zone particulièrement concernée par la pollution de l’air (comme l’Ile de France), on surveille les indices de la qualité de l’air mis en place par des associations. En cas de forte pollution, on évite de sortir pour faire du sport. Pour les personnes les plus fragiles (enfants et personnes âgées), il est prudent de rester chez soi ou de ne pas sortir en début de matinée et en fin de journée (heures de pointe du trafic routier).