Arrêt cardiaque : les gestes qui sauvent

Chaque année en France, 40 000 décès sont causés par des arrêts cardiaques. Un chiffre qui pourrait diminuer si nous étions plus nombreux à maîtriser les gestes de premiers secours. Or, en l’état actuel, seule 17% de la population française est formée. Pourtant, les inscriptions aux stages spécialisés augmentent au fil des années ; et parmi les inscrits, on retrouve de plus en plus de séniors qui s’interrogent : face à un arrêt cardiaque, quelles sont les étapes à suivre en priorité ?

L’avancée dans l’âge se traduit parfois par des problèmes de santé multiples ainsi qu’une perte d’autonomie ; autant de facteurs qui poussent les séniors à s’intéresser aux gestes de premiers secours. Et pour cause : les plus de 60 ans représentent près de la moitié des victimes d’accidents du quotidien. Ils font par ailleurs partie de la tranche d’âge la moins formée aux gestes qui sauvent1. Pourtant, en cas d’arrêt cardiaque, tout se joue lors des premières minutes ; 32 % des vies sont sauvées si les gestes d’urgence sont appliqués contre 5 % dans le cas contraire2. Pour faire face à ces situations critiques et tout à fait exceptionnelles, il est indispensable de bénéficier d’un apprentissage dispensé par les organismes de secourisme (Croix Rouge, Ordre de Malte, Centre Français de Secourisme). Mais certaines personnes n’ayant pas connaissance des gestes d’urgence trouveront ici un résumé des actions à privilégier en cas de malaise ou d’arrêt cardiaque.

La situation

Imaginez : vous êtes dans la rue, à la terrasse d’un café ou même en vacances de groupe et soudain, une personne perd connaissance devant vous et s’effondre. Lorsque vous lui parlez, elle ne répond pas. Elle ne réagit pas non plus aux directives simples et aux tapotements sur son visage. En approchant votre oreille de sa bouche, vous ne sentez pas de souffle. Selon toute vraisemblance, la victime est en arrêt cardiaque et il faut agir de toute urgence. Lorsqu’un épisode de la sorte intervient, le manque d’oxygène peut causer de lourdes lésions du cerveau et des organes, voire même la mort. Procéder à une réanimation cardiorespiratoire est donc impératif pour rétablir la circulation sanguine et assurer un apport en oxygène, le temps que les secours arrivent.

Les actions à mettre en place : alerter les secours

Vous l’aurez compris, la toute première des priorités est de contacter les secours pour limiter l’attente entre l’arrêt cardiaque et l’arrivée des urgences. Composez le 15 (le Samu), le 18 (les pompiers) ou le 112 (numéro d’appel d’urgence dans les pays de l’Union Européenne). Vous n’avez pas de téléphone ? Arrêtez quelqu’un dans la rue pour qu’il appelle à votre place.

Pratiquer un massage cardiaque

Vous ne vous êtes jamais formé et avez peur de mal faire ? Sachez que l’on ne vous reprochera pas des gestes maladroits. En revanche, une non-assistance peut être plus délicate. Gardez votre sang froid et ne vous laissez pas envahir par la panique ; les secours vous guideront par téléphone. Approchez-vous de la personne ; elle doit être allongée. Mettez-vous à genoux face à elle puis tendez vos bras et posez vos deux mains, l’une sur l’autre, au milieu du thorax. Si la victime est une femme, vos mains doivent être placées entre les deux seins. Appuyez. La cage thoracique doit s’enfoncer d’environ 5 centimètres. La force ne doit pas venir de vos seuls bras mais de tout votre poids. Après avoir exercé ce mouvement de pression, relâchez entièrement. Vous devez alterner ces gestes environ 100 fois par minute jusqu’à l’arrivée des secours. Si vous ignorez à quel rythme enfoncer vos mains dans la cage thoracique, pensez au refrain de la chanson des Bee-Gees dans Staying alive.
Avec 103 battements par minute, cette fréquence est très proche de celle recommandée pour les massages d’urgence. L’information pourrait prêter à sourire et pourtant, elle est régulièrement abordée lors des formations aux gestes de premiers secours. Elle permet en effet aux apprenants de trouver le bon rythme de massage. Exemple dans cet article qui explique comment 4 000 petits parisiens ont appris à sauver des vies avec les Bee-Gees.

Un défibrillateur à proximité ? Utilisez-le

Faciles à repérer et de plus en plus nombreux sur le territoire français, les défibrillateurs se reconnaissent à leur logo vert doté d’un cœur blanc, d’une croix blanche et d’un éclair. Ils sont principalement installés dans des lieux publics (centres commerciaux, gares, mais aussi pharmacies et mairies) et sont conçus pour être utilisés par tout un chacun. Inutile d’avoir des connaissances médicales, ils sont entièrement automatisés et vous guideront vocalement étape par étape. Le défibrillateur analysera le rythme cardiaque et si nécessaire, provoquera un choc électrique pour faire repartir le cœur.

L’indispensable formation aux gestes de premiers secours

Vous l’aurez compris, les arrêts cardiorespiratoires peuvent frapper n’importe qui et à n’importe quel moment.
Pour être préparé à ces situations d’urgence, de nombreux organismes de secourisme proposent des formations. Certaines sont parfois gratuites et vous permettent, en une dizaine d’heures seulement, de pouvoir pratiquer des massages cardiaques, de stopper une hémorragie ou même d’intervenir sur une brûlure grave. Pensez à la Croix-Rouge, à l’Ordre de Malte et au Centre Français de Secourisme. En cliquant sur les noms de ces organismes, vous serez directement renvoyés vers la page de leurs formations.

1 Sondage OpinionWay pour la Croix Rouge française, 2015.
2 Fédération Française de Cardiologie.