Tout savoir sur le don d’organes

Le don d'organes, ça vous parle ? Le Professeur Bastien de l'Agence de la biomédecine nous explique tout sur le sujet et nous dit pourquoi il est important de faire connaître son choix à ses proches. Ce qui est en jeu, c'est la réduction de la pénurie de greffons.

Lorsque le corps vieillit ou devient malade, les organes fonctionnent parfois avec difficulté. Il faut alors prélever des organes ou des tissus d’un corps humain étranger pour les remplacer. Les individus à qui on effectue un prélèvement d’organe sont appelés donneurs. Grâce à eux, en 2014, plus de 5000 greffes ont été réalisées, mais c’est un chiffre encore trop faible par rapport aux malades en attente de greffe. Toutes ces opérations sont encadrées par l’Agence de la biomedecine. Nous avons interrogé le Professeur Bastien, directeur du prélèvement et de la greffe organes-tissus, qui nous a présenté tout ce qu’il faut savoir sur le don d’organes.

Qu’est ce que l’Agence de la biomédecine ? Quel est son rôle dans le cadre des greffes d’organes ?

L’Agence de la biomédecine (ABM), organisme public français, a plusieurs missions, dont l’encadrement du don d’organes. Nous édictons les règles de bonnes pratiques en matière de don. Nous devons assurer l’équité d’accès aux greffes : tout malade doit pouvoir recevoir un greffon. L’agence veille au bon déroulement des interventions d’un point de vue médical et en termes de sécurité et d’éthique. Nous évaluons ensuite les résultats des équipes et produisons des rapports statistiques. Nous gérons aussi la liste nationale des malades en attente de greffe et le registre national des refus où sont inscrites les personnes contre le prélèvement de leurs organes à leur mort. En parallèle, l’Agence de la biomedecine a d’autres missions qui s’articulent autour de la procréation, l’embryologie et la génétique humaine.

Quelle est la situation de la France en terme de dons d’organes ?

Globalement, on peut dire que le nombre de donneurs est en constante hausse. Les derniers chiffres dont nous disposons sont ceux du premier trimestre 2015. Le prélèvement d’organes aurait augmenté de 9% par rapport au premier trimestre 2014. C’est une bonne chose, mais le nombre de demandeurs ne cesse de croître. Plusieurs facteurs expliquent cette hausse constante :

– la population française est vieillissante

– la hausse de certaines maladies comme le diabète qui affecte les reins

Le prélèvement d’organes n’est de toute façon possible que dans des circonstances rares, elles concernent moins de 1% des morts à l’hôpital.

Les organes qui sont les plus recherchés sont le rein, le foie, le coeur ou le poumon. Consultez ici la liste complète des organes prélevables.

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Crédit : ABM

Comment se déroule un don d’organes ?

1. Toute personne en situation de mort encéphalique, c’est à dire dans un état où le cerveau est arrêté car il n’est plus irrigé par le sang, est potentiellement donneuse.

2. Deux médecins doivent constater la mort. Si les circonstances de la mort le permettent, on peut envisager le don des organes. Rappelons que cette situation est rare (moins de 1% des cas).

3. Les organes sont maintenus artificiellement en état de fonctionnement avant qu’une décision ne soit prise.

4. L’équipe médicale consulte le registre national des refus que nous tenons, puis la famille du défunt.

5. Si le défunt n’a pas manifesté son refus, c’est l’étape des analyses de sang et des organes pour détecter d’éventuelles maladies.

6. Sur la liste des malades en attente de greffe, on trouve un receveur compatible.

7. Commence alors une course contre le temps pour emmener les organes dans l’hôpital du receveur. Pour un coeur, il faut compter moins de 4 heures entre le prélèvement et la greffe.

8. L’équipe de greffe débute l’opération, elle peut durer jusqu’à 12 heures.

Le donneur et sa famille ne pourront connaître l’identité du receveur car l’anonymat est requis. En revanche, la famille du défunt pourra être au courant de la réussite ou non de la greffe.

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Crédit : ABM

Qui peut donner un organe ?

De votre vivant, sachez qu’il n’y a pas d’âge ni de condition de santé préalable pour donner à une personne appartenant à votre cercle familial ou d’amis. Il faut entretenir un lien affectif étroit et stable d’au moins deux ans avec le receveur. Dans le cas d’un enfant mineur et pour un don après un décès, les parents ou tuteurs légaux donnent leur consentement. Finalement, bien qu’il n’existe aucune restriction pour le don, ce sont les examens médicaux qui permettent de déterminer la viabilité d’une greffe.

Quelle est la démarche pour signaler que l’on souhaite être donneur ?

La législation française qui entoure le don d’organes repose sur le consentement présumé du donneur. En ce sens, lors d’un décès, si la personne n’a pas inscrit son nom dans le registre des refus et si la famille donne son accord, on pourra prélever ses organes. On peut également demander la carte de donneur. Elle permet d’affirmer que l’on autorise le prélèvement d’organe sur son corps le jour de sa mort. L’important, c’est surtout de faire connaître sa position aux personnes qui pourraient être appelées en cas de décès. Pensez-y car, en moyenne, le don permet de sauver 4 personnes.