Solitude des séniors : nos conseils pour la combattre

C’est le mal du siècle, celui dont les personnes qui en font l’expérience parlent peu. Et pourtant, la solitude touche plus d’une personne âgée sur quatre. Un isolement qu’il est possible d’atténuer à travers certaines actions. Faisons le point.

Depuis l’année dernière, à l’initiative de l’association Astrée, la journée des Solitudes donne rendez-vous à tous les français à la fin du mois de janvier. L’objectif est d’interpeller l’opinion publique sur la diversité des situations de solitudes, mais aussi sur les moyens de lutter contre ce fléau, au travers d’innovations concrètes. Car les chiffres ne peuvent laisser insensible. 19% des personnes de plus de 75 ans déclarent souffrir de solitude.

L’une des premières causes prend racine dans la décomposition du cercle familial. Les enfants ont quitté le nid et certains se sont même éloignés géographiquement. Les visites se sont espacées, les appels téléphoniques également. Suzanne, 80 ans, vit en Auvergne et n’hésite pas à souligner qu’avec une fréquence de contact en baisse, son sentiment de solitude prend un peu plus de relief chaque jour : « mon fils vit à 300 kilomètres de chez moi ; il vient me voir de temps en temps, mes petits-enfants également mais ma solitude est lourde à porter ».

Parfois, bien que le cercle familial soit présent et bien constitué, les séniors se sentent incompris et laissés au bord du chemin. Un sentiment d’abandon encore plus difficile à supporter lorsqu’un conjoint disparaît. Martine a perdu son mari il y a 8 ans. Plus de 50 ans d’une union paisible et soudain, l’arrêt cardiaque : brutal, glaçant. Elle mettra plusieurs années à se reconstruire et à accepter cette nouvelle vie « imposée ».

« Je me suis sentie comme amputée d’une partie de moi-même. Et puis l’été est arrivé. Mes enfants sont partis en vacances, mes voisins aussi. La sensation de solitude s’est démultipliée. L’hiver a été encore plus difficile à affronter. Pourtant, je ne suis pas la plus à plaindre, j’étais entourée, et en relative bonne santé».

Symboliquement fortes, les fêtes de Noël font souvent rejaillir les multiples douleurs à l’origine du sentiment de solitude (maladies, séparations, deuils…). Autres facteurs qui marquent de façon terrible le sentiment d’isolement : la santé et la précarité financière, qui ont une influence certaine sur le maintien ou le développement de la vie sociale.

Des actions contre la solitude dans toute la France

Pour apporter un peu de douceur et de chaleur nécessaires au bien-être des séniors qui se sentent seuls, de nombreuses actions essaiment un peu partout sur le territoire.

En Saône-et-Loire, l’association les petits frères des Pauvres a ouvert une maison d’accueil temporaire où les séniors peuvent venir se reposer et reprendre quelques forces l’été, quand leurs proches sont en congés. « L’été est une période perturbante pour les personnes âgées seules. Tous les proches partent en vacances (enfants, voisins, amis). Même les auxiliaires de vie sont remplacé(e)s, ce qui trouble considérablement les repères des aînés » explique Christophe, psychologue dans le département.

Autre coup de pouce proposé par certains conseils départementaux : la visite d’étudiants auprès des personnes âgées seules. Il s’assurent de leur bien-être et passent quelques heures en leur compagnie pour échanger. Un temps précieux qui nourrit le lien intergénérationnel. En région parisienne, l’Institut des Hauts-de-Seine organise chaque hiver depuis plus de 20 ans, la campagne « Sourire de Noël ». Une action réconfortante déployée pour lutter notamment contre la solitude et l’isolement des séniors. 2 500 colis de Noël leur sont offerts, ainsi qu’un spectacle et un repas de Noël.
Un moment chaleureux qui agit comme un véritable baume.

Toutes ces actions dont l’objectif est de rompre l’isolement ne se cantonnent pas à quelques régions ; elles se déploient sur l’ensemble du territoire français. Les bénévoles de la Croix-Rouge par exemple, à travers la structure associative MonaLisa (Mobilisation Nationale contre l’Isolement des Personnes Âgées), assurent au quotidien des visites de courtoisie, des accompagnements à la promenade, ainsi que des séjours et des animations en maison de retraite. Une jolie façon de lutter contre la solitude tout en préservant la qualité de vie des aînés.

Toutes ces initiatives peuvent être complétées de façon individuelle en privilégiant certaines actions :

Nourrir des liens amicaux et familiaux

Solitude des séniors

Maintenir des liens permet de limiter, voire d’éviter l’isolement des personnes âgées. N’hésitez pas à fréquenter des clubs dans votre ville ou votre village. Grâce à des rendez-vous réguliers autour de jeux, d’animations et de sorties, vous pourrez rencontrer des personnes qui partagent vos centres d’intérêt et pourquoi pas, nouer des liens. Renseignez-vous auprès de votre Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) qui pourra vous éclairer sur les activités proposées aux séniors.

Avez-vous déjà accordé un peu de votre temps aux autres ? Le bénévolat est une excellente solution pour donner du sens à sa vie tout en aidant des personnes dans le besoin : il peut s’agir de distribuer des repas, voire même d’aider des jeunes à faire leurs devoirs. Les possibilités sont nombreuses.

Dans tous les cas, prévoyez plusieurs sorties et activités par semaine : un repas au restaurant, une balade en pleine nature, un peu d’exercice… cela vous permettra de changer d’air et d’orienter vos pensées sur des actions positives.

S’occuper d’un animal

Pour les séniors isolés, un animal de compagnie permet de se sentir utile et responsable ; en somme, d’entretenir l’estime de soi, une estime qui tend à s’amoindrir au fil du temps. Un animal de compagnie à la maison, c’est de la vie et du réconfort. Une façon de rester actif tout en protégeant son cerveau. De nombreuses études ont montré que la présence d’un animal chez un sénior stimule l’activité cérébrale et ralentit la perte de mémoire. Par ailleurs, la personne âgée est moins souvent déprimée, se sent davantage en sécurité et utilise son temps de façon plus constructive.

Prendre soin de soi

Avec l’avancée dans l’âge, les modifications corporelles conduisent certains séniors à se retirer des interactions sociales, en raison de l’image dépréciée qu’ils ont de leur physique. Pour lutter contre la mauvaise estime de soi, bichonnez-vous. Une séance chez le coiffeur ou chez l’esthéticienne, un petit massage dans un centre de bien-être vous apporteront tout le réconfort que vous méritez.

Vérifiez votre vision et votre audition

Les troubles de la vision et/ou de l’audition non diagnostiqués peuvent conduire à une limitation des contacts sociaux en raison de problèmes de communication liés à la honte ressentie. Vous souffrez de troubles de la vision et/ou de l’audition ? Un diagnostic précis vous permettra de corriger cet inconfort et de retrouver du plaisir à échanger avec votre environnement extérieur. N’hésitez donc pas à consulter. Ce conseil vaut aussi pour celles et ceux souffrant d’incontinence. Une bonne prise en charge et un traitement adapté garantissent le maintien d’une vie sociale équilibrée.